Deuxième semaine passée ici, nos aventures s'assagissent, plus de virées rocambolesques en quête d'un lampion ou d'un nécessaire à fondue pour préparer notre terrier à l' hibernation prochaine. Ne vous inquiétez pas, le blizzard n'est pas encore à nos portes, nous avons quelques semaines de répit pour traîner notre accent français - d'après l es autochtones - autour de la capitale québécoise. Voici en bref quelques nouvelles du front, le seconde classe Grou a conquis sa garderie par quelques sourires et clins d'oils dont il est le seul à connaître le secret, s'est grandement épris de l'arbre qui orne notre pelouse et passe environ ¼ d'heure par jour à le serrer fort dans ses bras. Le drill sergent Maman a entamé sa formation surprenante de 12h de cours par semaine et a été soigner sa blondeur meurtrie, quant à moi-même, je suis préposé à l'épluchage de pommes de terre ainsi qu'à la recherche d'une occupation plus profitable à nos finances. La marmotte, elle, gère l'entretien des espaces verts et le divertissement du seconde classe Grou.

thegrouz.com à lafripe.com

Le décor est planté, les personnages introduits, nous étendons notre rayon d'action au delà des murs de l'appartement et des centres commerciaux! Après l'acquisition d'un micro-ondes lors d'une vente dite de garage une semaine auparavant, nous décidons de réitérer l'expérience ce samedi mais avons été attiré sur notre route par une kermesse donnée par la paroisse locale (paroisse de Saint-Thomas, coïncidence amusante). Bien nous a pris de nous arrêter, nous avons découvert lafripe.com, une friperie communautaire ou l'on trouve principalement des vêtements d'occasion pour vraiment, vraiment pas grand chose...les prix sont divisés par 10 au bas mot! Il s'agit d'un organisme à but non lucratif qui collecte des dons en vêtements, livres, avant de les revendre pour aider les plus démunis. Chapeau bas à cette équipe grâce à laquelle nous allons pouvoir nous équiper pour cet hiver. Avantage substantiel de ce magasin, il est à 200 m de chez nous, navré de vous décevoir, pas de tribulation routière pour aujourd'hui.

la chute de mon récit

Je vous réserve cependant le récit de notre escapade du lendemain. Hésitation première entre l'aquarium, destination proche mais onéreuse, et les chutes de Montmorency, objectif plus lointain mais représentant l'avantage d'être accessible gratuitement, après un vote démocratique pipé, nous voici en route pour le parc national des chutes de Montmorency. Prendre le bus, ok. Avec les vélos, passe encore. A l'heure de la sieste programmée du seconde classe Grou, grossière erreur. Malheureusement Google ne prévient pas de l'humeur du conducteur mais il indique en revanche les 37 stations qu'il vous reste à parcourir. Bonne volonté et recueil de chanson en bandoulière, nous arrivons à bon port. Nos bicyclettes accoudées à une barrière, nous décidons d'explorer le parc à pied, la première épreuve étant de traverser un pont qui enjambe le haut de la chute d'eau. Vue du dessus, celle-ci ne fait que dévoiler un magnifique panorama sur Québec et l'Île d'Orléans mais ne laisse rien deviner de sa propre hauteur. Nous traversons la passerelle dans le bruit assourdissant de l'eau se fracassant le long de la cascade (James Fenimore Cooper n'a qu'a bien se tenir!).

Albane, nom donné occasionnellement au seconde classe, décide de piquer un petit somme malgré le soleil et le vent qui l'assaillent, et s'offre 45 minutes de repos sur le ventre rebondi de son paternel. Le temps pour le cuistot et le sergent de descendre au bas de la chute afin de la contempler dans toute sa splendeur (cf photos), de se rendre au pied du téléphérique, de constater que comme ailleurs, il s'agit d'un piège à pigeons, et de remonter le dénivelé précédemment parcouru par un sentier de randonnée pour le plus grand plaisir des mollets du sergent. Le seconde classe est subjugué par la beauté des flots et s'autorise quelques moments de contemplation baveuse, accroché à la rambarde du pont.

Voici le moment que vous attendiez tant...le retour de ce paradis terrestre vers notre terrier. Décision du commandement général, nous rentrons...en vélo! Pas d'itinéraire connu, pas de carte, mais bon nous avons l'habitude de ce genre de situation. So let's roll! Cinq minutes après notre départ, pause ravitaillement pour Grou et pause orientation pour le commandement. Nous empruntons donc une piste cyclable vers le vieux Québec mais le seconde classe décide de jouer les petits poucets avec sa tétine et son chat/oiseau, ce qui ralentit considérablement notre progression. Le sergent lui donne alors des feuilles empruntées aux buissons bordant la piste, seulement tout a une apparence comestible avec le seconde classe, principalement le monde du végétal. Nous croisons Jack Sparrow en tricycle au détour d'un virage, puis nous décidons de retrouver un bus, la Grou se révélant de plus en plus insupportable. C'est alors qu'elle décida de rendre la feuille ingérée plus haut à Dame Nature, ainsi que le fruit du ravitaillement précédent, et ce pour notre plus grande joie. Trêve de péripéties diverses, nous trouvâmes notre bus, dans lequel Albane fît là connaissance d'un certain Jérémie, de 3 ans son aîné, mais avec lequel elle devisa tout le voyage durant.

C'est ainsi que nous arrivâmes, rincés, crevés, mais comblés, de ce premier voyage d'exploration!

The Grouz